Difficile d’être diplômé en Sciences sociales ou en Sciences humaines. Nous avons une perception personnelle négative : nous avons souvent l’impression de ne rien avoir à apporter sur le marché du travail. Nous savons que nous sommes formés, mais nous n’avons pas de métier ! Y a-t-il réellement une place pour nous dans le privé ?
VS-link a été interpellé à de nombreuses reprises à ce sujet et se trouve face à un double défi :
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montrer à ces diplômés quelles sont leurs possibilités au sein d’entreprises valaisannes
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méliorer l’image des « lettreux »/sciences sociales en mettant en évidence les compétences qu’ils peuvent faire valoir au sein d’une entreprise
1er pas ? : lancer la discussion…
Vous êtes diplômé-e en Sciences humaines ou en Sciences sociales et avez trouvé du travail en Valais ? Racontez-nous quelles démarches vous avez entreprises ? Êtes-vous passés par un stage ? Comment vous êtes-vous « vendu » ?…
Vous êtes patron-ne d’entreprise et avez engagé une personne provenant de ces filières ? Dites-nous quelles compétences vous ont amené à l’embaucher.
Témoignez sur notre blog, amenez votre contribution à cette réflexion et aidez ainsi les diplômés en Sciences humaines ou sociales en recherche d’emploi à faire (et oser faire) leur place en entreprise ! Merci !
1 Antwort bis hierher ↓
Alain // April 18, 2008 um 12:35
Vaste débat, mais pas assez débattu. Le problème est peut-être plus aigu en Valais qu’ailleurs, car les gens formés en sciences humaines et sociales trouvent surtout (et avec de la chance) du travail dans les grands centres urbains.
A part le débouché (paraît-il un peu bouché) de l’enseignement, il reste traditionnellement la presse et l’administration publique (postes au compte-goutte) et la communication (postes repourvus le plus souvent par voie de connaissances personnelles, un peu exclus aux inconnus). C’est un problème de valorisation: un(e) diplômé(e) en droit (pour un travail de réflexion et de recherche du même genre que les études de lettres) peut être admis, à la fin de son cursus, en étude d’avocat. Rien de tel pour les licenciés en lettres et sc.humaines, rien n’est destiné à eux en exclusivité, ou même simplement en priorité, jamais vous ne verrez une annonce “profil: licencié en lettres”. Il faut se contenter des poste pour quelqu’un ayant “une formation universitaire” (et ces postes-là reçoivent en général entre 150 et 250 postulations).
Le problème est, je pense, un problème de communication qui incombe aux universités à la fois vers les entreprises et vers les futurs élèves. On lit par exemple, sur les sites des unis romandes, que les lettres mènent à tout, provoquent des parcours insoupçonnés, qu’on trouve des diplômés dans les banques, la diplomatie etc. Foutaise, les licenciés en sc.humaines dans les banques sont des assistants ou des secrétaires, sans aucun prestige ni progression de carrière. La diplomatie est un miroir aux alouettes, un licencié en sc.humaines y accède sur 500 postulants, ce sont des exceptions et ça, les facultés et unis devraient le dire clairement: les lettres, c’est pour l’enseignement… pour accéder à d’autres carrières, c’est hasardeux, si on veut faire carrière dans une banque, il faut étudier de l’économie ou du droit, là on a un chemin tracé (même si, dans le fond et après quelques semaines, un économiste ou un juriste ne sera pas forcément plus efficace).
Reste que ces études ont de la valeur, elles sont exigeantes, expérience faite, mais la “sortie” vers le marché du travail n’est pas structurée, les professeurs ne parlent que de faire des doctorats et ne savent pas ce qui se passe hors de l’uni. Autrement dit, on acquiert des capacités (les “soft skills”, comme on dit), mais pas de “matière” à proprement parler, qui servent aux entreprises (qui elles-mêmes ne vont pas chercher à en savoir plus sur ce qui se fait à l’uni, les ressources humaines étant déjà bien assez stressées comme ça). Donc pas de transition vers l’emploi, ou seulement si vous avez un papa ou un tonton président d’un conseil d’administration qui vous procure un stage.
Il faudrait donc un vrai dialogue entre les facultés de sc humaines ou sociales et les entreprises, et surtout associer la formation avec d’autres formations accessoires (notamment en informatique et management). Sans cela, on sera toujours perçu comme de doux rêveurs perdus dans leurs bouquins d’histoire ou de sociologie, ce qui est loin de la réalité.
Je crois qu’il faut informer les entreprises, sans insister spécialement sur notre cas (ça ressemblerait à de la mendicité), mais plutôt en montrant ce qu’apportent de tels diplômés de particulier, à côté des diplômés de sciences économiques, d’informatique ou autres. A savoir: la créativité, la problématisation, la communication stratégique, la recherche, les langues et l’attention aux détails et à la qualité….Mais bon, il faudrait aussi à moyen terme remanier les programmes de cours des universités pour orienter les diplômés.
Enfin, il faut surtout montrer aux entreprises que les diplômés 1. s’adaptent au milieu, ne sont pas enfermés dans leur domaine 2. Apprennent très vite: en 5 jours, on peut être parfaitement opérationnel avec un nouveau programme informatique ou avec les outils usuels du marketing, par exemple.
J’abrège, mais il y aurait beaucoup de pistes à suivre.
ps. je suis diplômé en lettres, avec deux ans d’expérience dans la presse et un peu dans la publicité, acquise dans un autre canton.